Macron, rends l’argent !

En 2003, la canicule fait près de 20 000 morts, majoritairement des personnes âgées. Devant l’ampleur du drame, le ministre de la Santé, Jean-François Mattéi, démissionne… mais c’est sur les salariés que le gouvernement de l’époque fait retomber sa propre responsabilité.

L’année suivante, le Premier ministre Raffarin instaure en effet la journée dite « de solidarité », qui impose à partir de 2005 un jour de travail gratuit aux salariés, officiellement pour financer le « plan canicule » et l’autonomie des personnes âgées.

C’est l’arnaque de ce début de siècle – mais légale, puisque ce sont les arnaqueurs qui font la loi. Depuis l’instauration de ce jour de travail non rémunéré, plus de 55 milliards d’euros ont été récoltés par les gouvernements successifs. Et, à l’heure où le nouvel épisode caniculaire démontre que le gouvernement n’a rien anticipé, on se demande bien ce qu’est devenu cet argent.

Dans les EHPAD, cela fait vingt ans que les rapports ministériels eux-mêmes ont fixé l’objectif d’atteindre le ratio « un salarié pour un résident ». Pour y parvenir aujourd’hui, il faut 200 000 recrutements. Cela représente 10 milliards d’euros. C’est le prix du minimum de dignité de nos anciens. C’est une toute petite fraction des montants volés aux salariés depuis 2005.

Côté hospitalier, le gouvernement déclenche le plan ORSAN et les plans blancs se multiplient. Depuis 2003, ce sont 80 000 lits d’hôpitaux qui ont été fermés et qui manquent cruellement. Dans le même temps, ce 1er juillet, le Parlement vient d’adopter la rallonge de 36 milliards d’euros aux 413 milliards existants de dépenses militaires jusqu’en 2030, portant les dépenses à 2,5 % du PIB. Aimant la gloriole, plus Versaillais que sans-culotte, Macron a d’ores et déjà annoncé la promulgation de cette nouvelle loi le 14 juillet prochain : la soumission à Trump vaut bien un symbole.

Ces montants exorbitants tournés vers la destruction se feront au détriment de l’ensemble des services publics, mais également de toutes les activités, y compris industrielles, qui ne seront pas tournées vers les objectifs d’une économie de guerre. Ces montants doivent au contraire être réaffectés pour la satisfaction de nos besoins sociaux. Et l’Union départementale se tient aux côtés de toutes celles et ceux qui se mobilisent, avec leurs syndicats et au-delà, pour défendre leurs outils de travail, leurs conditions de travail, leurs salaires, leurs postes, leurs classes, leurs droits… comme vous le lirez dans les pages du journal.

(1) La loi instaure également un « état d’alerte de sécurité nationale » qui menace nos libertés. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Par Adrien Leclerc,
secrétaire général de l’union départementale
CGT-Force Ouvrière de Loire-Atlantique

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