Fin de règne.

Ce samedi 17 octobre a confirmé la montée en puissance du mouvement lycéen. Près d’un million de personnes ont manifesté dans toute la France, dont 50 à 60 000 dans notre département.
Les colères s’agrègent et convergent, avec toutes un point commun : le refus de la politique d’Emmanuel Macron et de ses conséquences économiques et sociales, qui se traduisent notamment par le nombre terrible de 9,8 millions de pauvres dans le pays.

Alors que tout indiquait que ce 17 octobre aurait une résonance toute particulière, le président de la Vème République s’affichait la veille au soir au concert de Céline Dion. Qui aurait pu prédire ce qui allait se passer le lendemain ?
Il y a une forme de mépris de classe dans tant de désinvolture, qui n’est pas sans évoquer la citation, attribuée à tort à Marie-Antoinette : « Les Français ont faim ? Qu’ils mangent de la brioche ! ». Certes, la reine décapitée n’aurait pas prononcé cette phrase. Mais cette dernière concentrait toute la condescendance de l’aristocratie vis-à-vis du peuple, qui portait sur ses épaules le fardeau de ses privilèges.
C’est cette même arrogance insupportable que l’on retrouve au sein de la petite cour macronienne. Rappelons-nous les petites phrases de Macron sur « les gens qui ne sont rien », le fameux « il suffit de traverser la rue » ou encore le raciste « le kwassakwassa pêche peu, il amène du Comorien »…
Ce mépris de classe a sans nul doute décuplé la colère des gilets jaunes et inspiré ce chant qui, à côté du célèbre « On est là ! », a fait très peur à l’intéressé : « Emmanuel Macron, suppôt des patrons, on vient te chercher chez toi ! » (ici dans sa version polie).

Le Premier ministre Lecornu ne demande pas son reste en déclarant, ce samedi 17 octobre au
soir : « soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l’ordre […], soit on est du côté des casseurs ».
Le syndicalisme ouvrier ne tombera pas dans ce piège grossier. La violence ne fait évidemment pas partie de nos méthodes. Mais nous refusons que les pillages et les destructions soient instrumentalisés pour éclipser les revendications légitimes du
17 octobre et servir de prétexte à l’instauration de couvre-feux ou autres mesures liberticides.
Nous n’oublions pas que la violence institutionnelle est la mère de toutes les autres. Dans
la bouche du Premier ministre, le terme « République » perd d’ailleurs de son aura. Il devient un mot vulgaire qui justifie toutes les injustices et les inégalités sociales.
À coup d’aides publiques et d’exonérations de cotisations patronales, la France est devenue
la championne européenne des dividendes versés aux actionnaires.
Et comme si cela ne suffisait pas, pour financer ce ruissellement d’argent public pour le compte d’une minorité de capitalistes, le gouvernement s’endette auprès des marchés financiers. Dans le projet de budget 2027, les intérêts de la dette sont estimés à 91,2 milliards
d’euros, soit 30 milliards de plus que le budget de l’Éducation nationale ! Le voici, notre fardeau à nous, celui dont nous ne voulons plus.

Personne n’a oublié que le mouvement majoritaire contre la réforme des retraites a eu pour
seule réponse le doigt d’honneur institutionnel du 49-3. Ni que les pétitions comme celle contre la loi Duplomb ont été ignorées. Ni que le gouvernement a fait le choix de réprimer et de mutiler la jeunesse mobilisée, plutôt que de négocier.
Combien de drames auraient pu être évités si Macron n’avait pas attendu ce dimanche 18 octobre pour annoncer une rencontre entre le Premier ministre et des représentants de lycéens ? Quel gâchis !

Le président pyromane et ses gouvernements successifs sont les uniques responsables du fait que les voix sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses pour dire que la manifestation pacifique ne sert à rien.
La République n’a rien à voir là-dedans. Le syndicalisme indépendant, celui que porte FO, ne laissera pas sa conduite être dictée par l’appareil d’État ou quiconque. Notre seule boussole, c’est la définition de nos revendications et les moyens pour les voir aboutir :

  • Augmentation générale des salaires, pensions et minima sociaux,
  • Blocage des prix du carburant à 1,50 € et contre la vie chère,
  • Retrait du budget d’austérité Macron/Lecornu et satisfaction des revendications lycéennes,
  • Abrogation de la réforme des retraites… !

Alors, quelle issue ? La brèche ouverte par la jeunesse lycéenne et étudiante, une nouvelle fois très présente ce samedi 17 octobre, doit trouver son relais dans la grève des travailleurs et des travailleuses.
C’est en tout cas sur cette base que l’Union départementale entend s’inscrire dans l’appel des
confédérations à la mobilisation interprofessionnelle le 5 novembre prochain. Car il est évident que d’ici là, trois jours après la reprise de l’école, rien ne sera réglé.
Réunissons les collègues de travail sans attendre pour préparer la grève et monter encore d’un cran dans le rapport de force, pour la satisfaction de nos revendications.
Cela étant, nous n’opposons pas les différentes formes d’action revendicative entre elles. La rue a démontré que la dynamique était là et l’Union départementale sera de toutes les initiatives à venir qu’elle jugera utiles ou efficaces.

Collectivement, faisons de cette fin de règne interminable le début d’un nouveau monde.

Par Adrien Leclerc,
secrétaire général de l’union départementale
CGT-Force Ouvrière de Loire-Atlantique

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